Une semaine en Moldavie et en Ukraine

Ce voyage a été réalisé en 2017, bien avant l’offensive russe en Ukraine. Un tel voyage serait aujourd’hui bien différent.

La Moldavie, c’est une destination à laquelle je n’aurais probablement pas pensé par moi-même. Il faut dire qu’à l’exception de Cricova, une immense cave à vin, parmi les plus grandes au monde, on entend plus souvent parler de ce pays pour sa situation politique ou économique que pour le tourisme. Ce pays d’Europe de l’Est, coincé entre la Roumanie et l’Ukraine compte environ 3,5 millions d’habitants. On estime qu’environ un quart des personnes possédant la nationalité moldave vivent à l’étranger. Visiter la Moldavie, et notamment sa capitale Chișinău, c’est plonger instantanément dans une Europe qui n’existe plus vraiment ailleurs. Le pays fait face à des défis de taille, tels que la corruption, mais s’efforce de renforcer ses institutions démocratiques, tiraillée entre d’un côté l’Europe occidentale et l’UE et de l’autre la Russie. Sur le plan économique, le pays rencontre des difficultés, affichant l’un des PIB par habitant les plus bas d’Europe, et dépend fortement des exportations agricoles ainsi que de l’argent envoyé par la diaspora. Mon voyage me conduira également à Kiev, la capitale ukrainienne.

Jour 1 : Paris → Chișinău

J’arrive à l’aéroport de Chișinău, la capitale moldave en fin d’après-midi. Le vol est relativement rapide : 3 heures depuis Paris. Je mesure ma chance d’être arrivé à destination car j’ai failli ne pas embarquer, ayant inversé mon prénom et mon nom au moment d’acheter mon billet d’avion. Mon amie Emilie m’accueille à l’aéroport et nous allons diner dans une pizzeria de la ville avant de rejoindre son logement, une chambre chez une jeune femme qui lui est louée par l’association qui l’emploie sur place.

Jour 2 : Chișinău

Ma visite de Chișinău démarre par un lieu assez improbable, le Parcul Rişcani, un parc d’attraction toujours en activité lors de mon voyage mais dont on peut douter du respect des normes de sécurité. C’est le matin, les enfants ne sont pas encore là et nous profitons du calme pour prendre des photos. Ce qui me surprend le plus : des multiprises apparentes sur lesquelles les attractions sont branchées ou les auto-tamponneuses mises en charge. En 2024, j’ai fait quelques recherches pour savoir si ce parc était toujours ouvert, mais je n’en ai trouvé aucune trace. A-t-il été détruit ?

Nous enchainons ensuite avec la cathédrale de la Nativité, en centre-ville, mais également le théâtre de Chișinău, le Parlement ou encore un ancien château d’eau transformé un temps en musée d’histoire. Ce quartier semble propre, bien entretenu et même si l’architecture reste simple, parfois bien inspirée du style soviétique, on est loin des immenses tours un peu délabrées que l’on peut voir un peu partout ailleurs à Chișinău.

Un des autres lieux à voir à Chișinău, c’est le parc Valea Morilor, un peu le « Central park moldave ». L’endroit est vaste, bien entretenu et plutôt joli. On observe de très nombreux couples qui viennent ici pour faire leurs photos de mariage.

Nous décidons d’aller voir la gare de Chișinău. La situation a peut-être évolué depuis, mais en 2017, le train coute cher en Moldavie. La plupart des moldaves n’ayant pas les moyens, ce mode de transport n’est pas du tout privilégié. D’autant que le rail ne semble pas desservir de destinations internes et il n’y a que quelques trains par jour vers Moscou, Saint-Petersbourg (Russie) ou Bucarest (Roumanie). Résultat : les gares sont complètement vides.

Nous terminons la journée à Ciuflea. Ce monastère a été fondé au XVIIe siècle. Son architecture mêle les styles baroque et néo-classique. Actif, il abrite une communauté de moines et attire de nombreux fidèles et visiteurs. Le site comprend des chapelles, des jardins et des espaces de recueillement. Il est un symbole important de la tradition orthodoxe moldave.

Jour 3 : Orheiul Vechi

Nous décidons de nous extirper un peu de la ville pour découvrir Orheiul Vechi. Nous nous entassons à l’arrière d’un mini-bus qui ne démarre que lorsqu’il a atteint un remplissage à 400%. Orheiul Vechi, est un site historique et culturel important. Niché dans un paysage de collines et de rivières, il abrite des vestiges préhistoriques, des monastères orthodoxes et des grottes troglodytiques. Les visiteurs peuvent explorer les ruines et découvrir les fresques anciennes des monastères. Orheiul Vechi offre une expérience immersive dans le riche passé de la région.

Faute de mini-bus pour rentrer, nous faisons du stop pour revenir à Chișinău.

Jour 3 : Chișinău → Kiev

Nous nous reposons la journée car le soir nous prenons un bus de nuit qui nous déposera au petit matin à Kiev, en Ukraine. Le trajet est un peu particulier, car le car traverse la Transnistrie une région pro-russe, séparatiste de la Moldavie. Nous roulons de nuit, à travers la forêt. À notre arrivée en Transnistrie, le bus s’arrête pour les formalités douanières. Des gardes armés montent à bord pour vérifier les passeports et les documents de voyage. Dans la nuit noire, ils font descendre tout le monde et nous patientons environ une heure dans un baraquement, encadrés par des militaires. Au loin, nous entendons des chiens aboyer. Nous remontons finalement tous dans le bus, avec une feuille volante dans le passeport. Cette même feuille sera récupérée par d’autres gardes à la frontière Transnistrie-Ukraine.

Jour 4 : Kiev

Nous arrivons à Kiev, la capitale ukrainienne, au petit matin. Le trajet en bus a duré environ 9-10 heures. Nous avons réservé une auberge de jeunesse, passons y déposer nos sacs, puis démarrons, très fatigués, la visite de la ville. Nous nous concentrons sur la cathédrale cathédrale St-Vladimir, la cathédrale St-Michel, le parlement, et la place Maïdan

En fin de journée, nous payons l’équivalent de quelques euros pour embarquer sur un bateau afin de faire un petit tour sur le Dniepr et voir la ville depuis le fleuve.

Jour 5 : Kiev

Deuxième jour à Kiev. Plus reposés que la veille mais pas beaucoup plus quand même, suite à une nuit des plus originales à l’auberge de jeunesse (à base de personne qui se tape la tête contre le mur, et essaie de me tuer dans mon sommeil). Nous prenons un petit-déjeuner dans le quartier Podil de Kiev. Nous visitons ensuite le Monastère de la Laure des Grottes de Kiev. C’est l’un des complexes monastiques orthodoxes les plus importants et les plus anciens d’Ukraine, fondé au XIe siècle.

Ce monastère est célèbre pour ses grottes de Pskov-Caves, qui abritent les reliques de nombreux saints orthodoxes et qui ont attiré des pèlerins pendant des siècles. Ces grottes sont également le lieu de sépulture de nombreux moines et personnalités religieuses importantes de l’histoire ukrainienne.

Outre les grottes, la Laure des Grottes de Kiev comprend également plusieurs églises, cathédrales, musées et autres bâtiments religieux et historiques. C’est un lieu de pèlerinage important pour les fidèles orthodoxes et un site touristique majeur en Ukraine, témoignant de l’importance de la foi orthodoxe dans la région et de la richesse de son patrimoine historique et culturel.

Jour 6 : Kiev

Au Musée de la Seconde Guerre mondiale à Kiev, notre expérience a été marquée par la précision des expositions. Les salles étaient remplies d’artefacts authentiques, de photographies et de documents historiques qui ont illustré de manière vivante les événements de l’époque. Parmi les points forts de la visite, la Statue de la Patrie se distingue par sa taille impressionnante et sa présence imposante. Dressée au dessus du musée, elle offre un rappel visuel puissant de l’héroïsme et de la résilience du peuple ukrainien pendant la guerre. Son architecture détaillée et sa position dominante dans le paysage de Kiev en font un symbole mémorable de cette période historique.

Jour 6 : Kiev → Chișinău

Le jardin botanique national Hrychko, situé à Kiev, est un véritable havre de verdure au cœur de la ville. Avec ses vastes étendues de verdure, ses allées sinueuses et ses nombreux jardins thématiques, il offre aux visiteurs une expérience immersive dans le monde de la botanique. On y trouve une impressionnante collection de plantes indigènes et exotiques, soigneusement organisées selon leur habitat d’origine.

Les serres abritent une diversité de fleurs, de plantes tropicales et de cactus, offrant un spectacle coloré toute l’année. Le jardin botanique est également un lieu de détente et de loisirs, avec des aires de pique-nique, des bancs ombragés et des sentiers tranquilles, parfaits pour une promenade paisible en pleine nature. Le soir, nous rentrons en bus à Chișinău.

Jour 7 : Chișinău

Ce sera mon dernier jour en Europe de l’Est. Nous passons devant le musée de l’Ethnographie. Il offre aux visiteurs un voyage fascinant à travers les traditions, les coutumes et le mode de vie du peuple moldave. À travers ses expositions riches et variées, il met en lumière l’histoire et la diversité culturelle de la région. C’est l’un des seuls exemples d’architecture moldave toujours debout. Nous passons devant le cirque d’hiver de Chișinău et la tour Romana. Cette dernière est à moitié abandonnée mais reste ouverte et accessible. Nous y montons pour une petite session « urbex » et pouvons voir la capitale moldave de haut !

Vous avez aimé ce récit sur mon voyage en Moldavie et en Ukraine ? Découvrez mon billet consacré à la Pologne !

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