De toutes les images qui m’ont bercé depuis toujours, l’une des plus fortes est sans doute celle de chevaux camarguais courant au lever du jour dans quelques centimètres d’eau, propulsant des millions de gouttelettes d’eau autour d’eux. Alors que je développais mon goût pour la photographie, notamment animalière, cette envie de moi aussi, photographier des équidés au galop ne me quittait pas. En septembre 2025, ce rêve est devenu réalité grâce à un long week-end en Camargue offert par ma compagne. Pendant quatre jours, nous avons aperçu des dizaines et des dizaines de chevaux, jusqu’au point culminant : un shooting avec un troupeau et des éleveurs où toutes les conditions étaient réunies pour produire les plus beaux clichés.
Votre périple en Camargue commence souvent sur les routes qui serpentent entre Arles et les Saintes-Maries-de-la-Mer. La célèbre départementale 570 offre déjà de nombreux points de vue, mais c’est en s’enfonçant vers l’Étang de Vaccarès que la magie opère véritablement. En longeant les digues, vous apercevrez des groupes de chevaux paissant paisiblement dans les « sansouires », ces étendues de terres salées recouvertes de salicorne. Sur la RD 570, vous apercevrez également des ranchs dédiés aux touristes où les chevaux, nombreux, attendent déjà sellés, parfois pendant de longues heures de partir en balade. C’est le revers de la médaille.
Les chevaux camarguais : des chevaux sauvages ?
Si le cheval de Camargue incarne une image de liberté indomptée, il n’est pas techniquement un animal sauvage au sens biologique, mais plutôt un animal vivant en semi-liberté. Bien qu’ils naissent et grandissent en plein air dans les marais, bravant les éléments et se nourrissant de la végétation locale, ces chevaux appartiennent tous à des manades (des écuries) et portent la marque de leur propriétaire.




Ils sont étroitement liés à l’homme par une gestion pastorale ancestrale : les gardians les surveillent, veillent à leur santé et les utilisent comme partenaires de travail pour la gestion des taureaux. On ne peut donc pas parler de chevaux « sauvages » comme les mustangs, mais plutôt d’une race rustique dont le mode de vie en totale immersion dans son écosystème préserve un instinct et une robustesse exceptionnels.
Voir des chevaux de Camargue au Parc Ornithologique du Pont de Gau
Bien que le Parc Ornithologique du Pont de Gau soit mondialement connu pour ses oiseaux et notamment ses milliers de flamants roses, l’expérience de visite est indissociable de la présence du cheval de Camargue. En parcourant les sentiers vous aurez souvent le privilège d’observer des équidés, notamment sur la boucle la plus longue (le sentier de 4 kilomètres). Au lever ou au coucher du soleil, c’est un spectacle assez magique.
Pour approcher au plus près les chevaux camarguais, et en apprendre plus sur leur mode de vie, l’une des solutions est de visiter une manade voire de participer à une balade à cheval. Vous n’aurez aucune difficulté à trouver ce type d’activité, tant le nombre d’écuries est important dans le secteur. Un conseil tout de même : réservez en avance, surtout en période touristique, car bien souvent les balades affichent complet. Durant notre voyage nous avons participé à une promenade que nous avons grandement apprécié avec la manade Jacques Bon. D’autre manades telles que « Chez Elise », « L’écurie des dunes », ou « La manade de Julian », sont très bien notées sur Google avec de très nombreux avis. Ne les ayant pas testées je ne peux toutefois pas vous donner mon avis.
Comment capturer LA photo des chevaux camarguais ?
Soyons francs : il est peu probable que vous tombiez nez à nez avec des chevaux en plein galop dans les marais, le tout avec la lumière parfaite pour réaliser des magnifiques images. Pour saisir ce type de photographies, il faut généralement troquer le hasard pour la planification. La réalité derrière les photos de magazines est souvent celle de séances organisées avec des manades locales, où les gardians dirigent les chevaux dans les marais spécifiquement pour l’objectif.






Plusieurs photographes professionnels organisent des stages en Camargue, de quelques heures à plusieurs jours. Ils louent les services d’un manadier qui fait galoper ses chevaux dans l’eau à l’heure dorée. Si vous voulez « LA » photo parfaite sans passer des jours à attendre, c’est l’option la plus sûre. Pour ma part, ma compagne m’a offert un cours avec Cécile Domens, et c’était tout simplement parfait. Sympathie, conseils techniques, connaissances du terrain et des animaux… Je ne peux que vous recommander de participer à l’un de ses ateliers. Elle ne se contente d’ailleurs pas des chevaux mais organise des stages sur le thème des flamants roses ou encore des taureaux.
Une recherche sur un moteur de recherche avec les termes « atelier photo chevaux camargue », vous permettra aisément de trouver d’autres manades et photographes qui proposent ce type d’activité. Il y a par exemple Vincent Recordier, le Mas du Pont rouge, ou encore les Bains gardians…
Un peu de technique photographique
Pour immortaliser les chevaux au galop en Camargue, une maîtrise minimale de votre boîtier est indispensable. Pour figer l’énergie du galop, la règle d’or est la vitesse : réglez votre obturateur au minimum à 1/1000s. Cette rapidité est la seule garantie pour stopper net les éclaboussures d’eau et le mouvement des sabots. Cependant, comme la magie opère souvent à l’heure dorée, cette vitesse exige une montée franche en ISO pour compenser la baisse de luminosité tout en gardant une image nette. Enfin, ne sous-estimez pas l’importance du mode rafale, car sur une course de quelques secondes, seule une image saisira la tension parfaite des membres. Et surtout, changez d’angle : en vous baissant au ras de l’eau, vous écrasez la perspective pour donner au cheval une stature héroïque et véritablement monumentale.





En terme d’optique, je vous déconseille d’être trop gourmand. Si le 600 mm est le roi pour les oiseaux lointains, il s’avère souvent trop long et contraignant lors des ateliers organisés où la proximité avec les animaux est réelle ; un téléobjectif polyvalent comme le Tamron 28-200 mm est, à cet égard, le compromis parfait pour cadrer l’action sans se laisser déborder.
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